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WHO IS WILL? votre e-book

Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 22:10


Un improbable mélange entre un sport viril et une activité cérébrale?
Oui, Enki Bilal l'a inventé dans sa BD froid équateur éditée en 1992, des illuminés en ont fait un championnat du monde.

D'un côté la boxe anglaise et de l'autre les échecs. Les rounds s'enchainent entre uppercuts et pat.
L'alliance de la puissance et de l'astuce.
Fascinant, même pour les bourrins (vive le chess-boxing).

J'ai envie de vous proposer un autre loisir:


Le Cross Words Running
ou
comment finir une grille de mots croisés en battant des records de vitesse.

Je prends les inscriptions...et les premières vidéos pour ceux qui s'y lancent.



Par WILLB77 - Publié dans : WHO IS WILL? votre e-book - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 20:45


L’Airbus avait atterri depuis une poignée de minutes.

J’éprouvais encore un amer sentiment d’exaspération après un vol troublé par les jérémiades de passagers qui auraient mérité un internement dès la sortie d’avion. La prise de hauteur est censée adoucir les velléités mais le confinement les exacerbe.


Virginie se recoiffa en passant délicatement la main dans ses cheveux pourtant lisses.

-          notre guide se nomme Gino. Il est natif de Milan où il a débuté sa carrière comme coursier il y a 22 ans.

-          Oui, j’ai déjà eu l’occasion de le croiser pour le lancement d’une campagne sur une Berline. Il m’a servi d’interprète sur le tournage du spot de lancement.

-          Comment est-il ?

-          Physiquement tu veux dire ?

-          Non, professionnellement.

-          Une pile atomique. On devrait inventer un système pour récupérer l’énergie qu’il déploie en gesticulant. Sinon, plutôt sympathique mais…

-          Mais quoi ?

-          J’ai juste un peu de mal avec cette exubérance et cette constante nécessité de combler les silences. J’ai beaucoup de difficulté à me concentrer lorsqu’il se lance dans ses interminables monologues.

-          C’est que tu manques d’entraînement. Si tu avais côtoyé ma rivale, tu serais habitué à être noyé sous un flot de banalité.

 

Cette évocation de Johanna me ramena quelques jours en arrière. Le dérapage et les implications de ma prise de décision. Un frisson me parcourut le dos. Virginie s’en aperçu.

-          tu as froid ?

-          non, excité par ce que nous allons découvrir ici. Prête à prendre des notes ?

-          évidemment. Je suis ravi de revenir ici.

-          Ah ? tu connais ?

Elle avait décroché un stage de quatre mois dans le département qualité d’un laboratoire pharmaceutique de renom. Un avantage pour la suite.

 

Le temps de récupérer nos bagages sur le tourniquet, nous débouchâmes à l’air libre. La température devait atteindre les 35°C. Je regrettai  immédiatement la chemise manche longue et la cravate.

Un homme trapu vêtu d’un pantalon blanc et d’un polo bleu ouvert sur un torse velu s’avança.

Je ne percutai pas tout de suite car Gino avait changé d’apparence. Le crâne rasé, la barbe naissante et des lunettes de soleil tirant plus du masque de ski. Bref, la crise de la quarantaine et les démons du passé devaient titiller l’animal. Cette course à la jeunesse s’exprimait par cette modification de look ou par la conquête de proies à peine majeures. Phénomène fréquent chez les femmes, de plus en plus répandu chez les hommes. Les déboires del Cavaliere faisait encore les choux gras de la presse Européenne à ce sujet.

Je haussai involontairement les sourcils ce qui fit s’esclaffer notre futur guide.

-          Ciao Will !

-          Ciao Gino. Quel changement !

-          Hè ! je ne suis pas encore un vieux débris !

 

Mais je n’avais déjà plus son attention qui s’était instantanément portée vers la silhouette gracile de Virginie. Oui, je retrouvais le Gino de mes souvenirs. Son penchant pour la gente féminine était de notoriété publique. La soif de séduction était gravée dans ses gènes. L’atavisme latin dans le plus pur style.

 

Gino nous avertit qu’il n’était pas venu seul. Alexandra Misti, journaliste, était à ses côtés. Je tiquai. Je ne souhaitais pas de couverture médiatique au projet restauration. C’est ce que j’expliquai sèchement à notre homme qui fut d’abord décontenancé avant de se confondre en excuses et en geste d’apaisement.

- je ne veux rien savoir.

-          Okay, okay !donne moi cinq minutes que j’arrange l’affaire.

Il se précipita sur une mini austin noir et se pencha par la fenêtre côté conducteur.

Après quelques secondes il revint tout sourire.

-          J’ai expliqué à Alexandra que vous étiez là pour des prises de vue pour un futur spot publicitaire con-fi-den-tiel ! elle ne dira rien et n’écrira rien. En revanche, elle connaît Milan mieux que personne.

-          Je ne suis pas convaincu. Surtout si elle nous accompagne dans des lieux dont le principal attrait est la nourriture. Elle va vite comprendre.

 

Il fut soudain embarrassé par cet argument qui ne souffrait d’aucune faille. Ses épaules tombèrent en signe de résignation et il s’en retourna, penaud.

Lorsqu’il revint, les sourcils froncés reflétaient sa déception. Il annonça du bout des lèvres que nous allions déposer son ami et commencer notre tournée.

 

Je l’avoue, j’éprouvai alors une immense satisfaction. Gino, après cette déconvenue, allait certainement faire preuve de moins de flagornerie. Virginie et moi étions là pour un job et non du tourisme. Enfin, c’est que je pensais avant de me retrouver en face de la mystérieuse Alexandra.


Fin de chapitre

Chapitre précédent!

Retrouvez un épisode torride des premiers pas de Will ici.

Par WILLB77 - Publié dans : WHO IS WILL? votre e-book
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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /Août /2009 19:27


L’aéroport de Milan est une fourmilière où s’élancent des milliers de libellules bariolées aux couleurs des compagnies d’aviation.

Un joyeux désordre semble régner dans les couloirs fléchés mais là encore, ce n’est qu’illusion.

La vraie panique se lit plus sur les visages brouillés par un éventail d’émotions kaléidoscopiques. De la joie de retrouvailles aux larmes de résignation difficilement contenues en passant par le scintillement de grands yeux émerveillés par la perspective de la découverte d’une nouvelle culture. Bien que là encore, ce ne soit qu’illusion.

 

Car nos comportements et nos expressions sont le fruit de notre expérience cinématographique, télévisuelle ou personnelle (mais on en revient au modèle cinéma et télé). Quiconque agit en fonction de ce que qu’il ou elle a observé.

Cette actrice éplorée devant la dépouille de son amant portant un uniforme éclaboussé de sang (la tristesse, le désespoir). Cette gestuelle de la séduction d’une danseuse de club branché aux lèvres entraînantes (la volupté) puis son retour dans son taudis qu’éclaire une seule lampe dégingandée alors que de la pénombre s’élèvent des sanglots et qu’un mari gît inerte sur le comptoir en zinc d’un bar à maquereaux à quelques encablures de là (horreur, compassion).

La plaidoirie enflammée d’un talentueux avocat sous les traits de Tom Cruise nous motive à mener à bien ces satanées études de droit ou à envisager une reconversion (ambition, réussite professionnel, culture de la victoire, joie).

Nous sommes des éponges protéiformes reproduisant  inlassablement des scènes ingurgitées depuis notre plus tendre enfance.

Même notre conception de la beauté est galvaudée par des influences médiatiques. Le marketing crée le standard et les modes, les chirurgiens esthétiques et autres thérapeutes de l’âme font le reste.

Nos répliques sont calquées sur des représentations inspirées de scripts. Nous nous croyons originaux alors que nous ne faisons que plagier des œuvres de fiction, singer des icônes inaccessibles de la perfection. Une vaste mascarade, une manipulation manichéenne…

 

Au moins, la littérature autorise l’innovation en imposant simplement des mots agglomérés en citadelle de phrases dont chacun investit une salle pour en faire son univers.

 

Vous aimez, en voici encore des miettes croustillantes.

Par WILLB77 - Publié dans : WHO IS WILL? votre e-book - Communauté : ecrivains en herbe
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Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /Août /2009 19:46


L’Italie…écoutons le doux chant des publicitaires qui nous vantent les trésors qui s’y trouvent.

Raviolis Al Dente farcies avec ferveur et dégustées à l’abri d’un parasol bigarré sur une terrasse inondée de soleil, café d’un noir intense à l’arôme corsé siroté sur un balcon en pierre surplombant une ruelle à Venise, Pizzas divines à pâtes fines partagées amoureusement sur une table éclairée aux chandelles et au flambeau, gelato à l’Italienne à la vertigineuse spirale répondant aux courbes affriolantes d’un Boticelli.

Tradition, chaleur, romantisme...que bella Italia !

Ces images qui emplissent mon cerveau sont confectionnées dans des studios parisiens situés en face d’une place criblée de fientes et parcourue de ruissellements de liquides jaunâtres où le vieux Paolo pose son camion à pizzas disgracieux tous les jours à 17H43. Ce haut lieu de la gastronomie trans-Alpine est fréquenté par des fins gourmets encostumés ou de fines gourmettes enrobées. On achète des bouts d’Italie saupoudrés de gruyère plus épais qu’une semelle et de sauce tomate bon marché. On voyage pour 7€50 sans savoir que là-bas, les pizzas traditionnelles ont une pâte fine, une garniture délicate et tire plus de la gourmandise que du snacking.

Mais cessons de gratter la fine couche de peinture recouvrant l’illusion produite dans les usines marketing où les émanations fluorescentes s’échappant des fours à idées n’ont vraiment rien de naturel. Des paradis artificiels pour une utopie superficielle. C’est ici que siège votre désir, l’objet de votre convoitise, notre désincarnation.

 

Mais, le rêve existe pour peu qu’on y croit dur comme fer. Je m’en vais vous le prouver au cours de ces prochains chapitres.


Le rythme reprend (enfin) avec un chapitre par semaine et je compte sur votre participation active.

Pour vous replonger dans les aventures de Will, c'est par ici.

Pensez au guide, il est bénévole!

Par WILLB77 - Publié dans : WHO IS WILL? votre e-book
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Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /Jan /2009 21:35


« Nous vous prions de regagner vos sièges et d’attacher vos ceintures. Nous pénétrons actuellement dans une zone de turbulences. »

Plusieurs hôtesses vinrent s’assurer que les tablettes étaient remontées puis elles s’installèrent à leur place située en face de l’allée centrale, à la vue de tous. C’est un moyen détourné de communiquer par mimétisme, un sourire épanoui vissé aux lèvres. L’image de la confiance et de la maîtrise de soi.

 

L’avion fit une brusque descente comme aspirée par un trou d’air puis tangua furieusement pendant quelques secondes.

Chacun se cramponnait avec fébrilité. Un bébé se mit à geindre.

La voix grave du commandant de bord s’éleva au dessus du brouhaha.

« Ici votre commandant de bord. Gardez votre calme, la zone de turbulence prendra fin dans 10 secondes »

Le calme de cette affirmation fit l’effet d’un anesthésiant. Même le bébé cessa ses jérémiades .Seuls le vrombissement des moteurs et le sifflement de l’air troublaient le silence anxieux.

 

.Les cahots stoppèrent soudain. Dès que l’hôtesse déboucla sa ceinture, les conversations reprirent.

Je prêtais l’oreille. Il est toujours intéressant d’écouter les échanges après une tension extrême. Le naturel dissimulé derrière la barrière du paraître retrouve sa place aux commandes.

Voilà le tableau truffé de néologismes :

 « ça me fait penser au parc d’attraction en Espagne, avec ses montagnes Russes. Je ne sais pas si vous connaissez ?... » Le référent.

« moi, cela ne me touche absolument pas. De toute façon, si on doit s’écraser, on s’écrasera. Il faut bien mourir un jour » Le résigné.

« j’ai eu la peur de ma vie » les superlateurs exagérateurs.

« … c’est la première et la dernière fois que je prends l’avion » Les conclueurs hatifs.

« …trop bon. Dommage que ce soit si court ». Les menteurs.

« …oh,oh, je crois que j’ai eu un petit accident à cause des secousses.Je m’absente 2 minutes… » les submersibles.

« It was so wonderful » Les affabulateurs précoces.

« Nop, it’s pretty crap » les dégouttés.

Et…

Une petite voix enrouée à ma droite :

« si vous saviez… Pendant la guerre, c’était autre chose. Les explosions, le feu, les mutilations, les sévices, la faim, la peur du lendemain, la cruauté…

- Grand ma, arrête ton char » ce ton désabusé et dédaigneux tellement représentatif de l’irrespect générationnel. Un phénomène sociétaire de masse.

La vieille dame jeta un regard noir vers ce qui devait être son petit-fils ou son arrière petit-fils. En fait un magnifique spécimen de jeunesse dégingandée. Des chaussures à grosse semelle style militaire mais de 2 couleurs différentes, un t-shirt arborant un smile aux yeux en croix et aux dents ensanglantés, une coiffure erratique et parsemée de barrettes décorées de têtes de mort, un sourcil rasé à moitié et des piercings sur toutes les parties visibles de la peau. Un joueur de fléchette ivre et bandé n’aura pas fait plus de ravage autour d’une cible intacte.

Un tatouage discret s’enroulait autour du cou à la gloire d’un énigmatique « fucking masterpiece ». Le comble du raffinement fut atteint avec une lentille oculaire à l’effigie du personnage du t-shirt. Du body art personnifié. Epatant !

A ses côtés, sa « grand ma » semblait tirée tout droit du passé. Jupe longue à carreaux noir et beige, foulard bigarré, lunette en plastique aux verres épais, visage parcheminé, bouche raviné et mouvement nerveux des lèvres. On ne pouvait ressentir que de la compassion pour ces êtres fragiles empreints de l’histoire de nos peuples.

 -     je t’interdis de me parler sur ce ton Jean-Philippe   

 

Il chuchota quelques mots qui ressemblaient à « sale monstre ».

Je me sentais à la fois mal à l’aise et horrifié d’avoir ainsi lorgné par le fenestron poussiéreux des rapports de cette famille.

Les révélations haineuses du garçon retentissaient comme un sombre carillon et je ne pus m’empêcher de détailler cette grand-mère si attendrissante d’aspect. Se pouvait-il qu’un monstre fangeux se dissimule ainsi ? 

Il est vrai que nous n’avons pas de réelles idées des personnes que nous côtoyons. Nous percevons un kaléidoscope d’images formatées et travaillées

Ces évènements évoquèrent la conversation troublante avec le Loup Blanc  à propos du père de Johanna et ses liens secrets avec l’Eminence Grise.
 Finalement, les psychopathes sont ceux dont on se soucie le moins. Ils paraissent tellement normaux que s’en est glaçant.

Je tournais la tête vers Virginie afin de disserter sur cette analyse sociologique mais elle dormait, doucement appuyée contre le hublot, le ciel azur en toile de fond. Un tableau de Leaonardo Da Vinci.

 

Je l’imitai en inclinant mon siège et en me figurant des paysages paisibles au milieu de terres lointaines où les hommes se respectent et n’ont jamais appris à mentir.

 

Dans quelques minutes, l’aéroport de Milan nous accueillerait.

Nos 2 guides sur place nous attendaient pour nous faire découvrir les délices de l’art culinaire local.

 

Chapitre précédent ou premier chapitre

Par WILLB77 - Publié dans : WHO IS WILL? votre e-book - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /Déc /2008 16:43
Cliquez sur le père Noël
et offrez un Noël de star à vos proches!
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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 21:04




Vous dégusteriez quoi artistiquement et culinairement?

Le beurk club
Le  Chili con Will
ou
 Le Will Burger


Passez commande!
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 20:18

The Battle: bataille.

non non non rien de violent. Une seule règle: choisir entre 2 adversaires différents et imposer son argumentaire.
En gros:
je vous propose 2 objets, 2 thèmes, 2 personnes, 2 idées et vous décidez qui gagne!
Easy no?


Que le meilleur gagne.


Aujourd'hui 2 poèmes s'opposent. Ils sont tous les deux bluffants, brulants, envoutants. Leur créateur: Arthur Rimbaud.

A ma gauche:

Ophélie, toute de grâce tranlucide

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.


A ma droite, le prince de l'immobilisme:
Le dormeur du val

« C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »

 

A VOUS DE JOUER!!!!

 

Par WILLB77 - Publié dans : WHO IS WILL? votre e-book
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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /Nov /2008 18:10


« La mort a bu du sang.
Elle en est soûle. »
Emile Verhaeren


La nuit a gagné depuis bien longtemps ce combat millénaire qui l’oppose à la lumière.
Des flaques de pluie renvoient les halos des multiples lampadaires aux mines débonnaires. Le va-et-vient saccadé des voitures sur le bitume détrempé distrait peu le mystérieux personnage debout derrière la vitre doublée du 6eme étage.
D’ailleurs, le bâtiment monolithique ne semble respirer que par cet interstice illuminé. La vie s’est arrêtée pour quelques heures. Les imprimantes reposent dans une semi-pénombre tandis que les cycles de refroidissement s’enchainent sur les distributeurs de boissons. Des petits yeux verts et rouges clignotent et veillent dans tous les recoins.

A l’instar d’un passe-muraille moderne, traversons ces cloisons bardées d’électroniques pour tenir compagnie à cet étrange drille. Suivons ce mur beige, foulons cette moquette et matérialisons-nous à ses côtés. Contemplons ce visage tourné vers la rue criblée de gouttes. Des traits durs qui s’entrelacent en arabesques douloureuses se reflètent sur la surface de verre. Un rictus à la hauteur d’un effort de concentration extrême, presque inhumain.
Le bureau est austère, épuré.
Une musique en sourdine diffuse le son discordant de violons martyrisés dans une symphonie morbide. Des accords plantifs s’élèvent telles des flèches assassines. Une cacophonie baroque autant que démente. Un vagissement de damnés. Pourtant, de la silhouette immobile, s’échappe un fredonnement. L’homme apprécie cette litanie grinçante.
Cet homme, plus communément appelé l’Eminence Grise, échafaude un plan de destruction qui n’a qu’une seule cible :
Will Baxter

Par WILLB77 - Publié dans : WHO IS WILL? votre e-book - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 21:24

L’airbus prit de la vitesse. Le volume sonore atteignit une douloureuse intensité tandis que les turbo réacteurs crachaient leur fiel.

Les lumières bordant la piste défilèrent de plus en plus vite en adoptant une trajectoire inclinée. La carlingue s’arracha à l’attraction terrestre faisant taire les cahots provoqués par les aspérités du bitume. Je me décollai du dossier de mon siège, soulagé de la poussée fabuleuse. Le train d’atterrissage rentra dans un bruit de métal tordu.

Virginie scrutait les ténèbres constellées des points brillants des agglomérations et des entreprises. Pour les uns, la sonnerie stridente du réveil les rappelait à l’ordre quant à leurs obligations professionnelles. Pour les autres, le travail nocturne touchait à a fin et le sommeil tendait ses bras tentateurs.

La vie suivait son cours sur un rythme qui ne souffrait d’aucune altération. Une effrayante continuité dans un mouvement perpétuel. A l’instar d’un pendule de Foucault gigantesque au sein d’une galaxie dénuée de frottements.

Les vols de nuit m’inspiraient des envolées lyriques et philosophiques. Il y a forcément une explication scientifique à l’état dans lequel je me trouvais dans ces moments. Mon interprétation est plus pragmatique. La nuit est le tissu des rêves. Ces rêves constituent une simulation correcte de l’endormissement, de l’élévation et de la confection de rêves.

Qui sait, Baudelaire n’aurait peut-être pas eu besoin d’abuser de substances illicites pour faire éclore ses fleurs de mal. Un billet en business Class eut suffit.

Il y avait d’ailleurs probablement des Charles Baudelaire en puissance dans notre équipée, là, caché dans une des rangées de l’avion.

Tenez, cet homme là. Il paraissait avoir le bon profil. Bouton de manchette, stylo plume classieux, lunettes cerclées d’or et tempes grisonnantes.

Il lisait le Time en griffonnant sur un carnet à couverture prestigieuse.

Je remarquai qu’il ne cessait de jeter des coups d’œil appuyés vers un point situé devant moi.

Je compris en me remémorant la sémillante asiatique qui s’était présentée au tout dernier moment. Essoufflée, excitée et débraillée après une course effrénée. Sémillante et pulpeuse. Le sourire anormalement figé sur des lèvres énormes. Une anomalie qui jurait avec les traits fins de son visage. Encore une facétie de Maitre Botox et professeur Bistouris. Leur propagande pour livrer des poupées sensuelles et artificielles gagnait de l’ampleur chez la gente féminine fortunée.

Les adeptes de l’art du paraître se multipliaient comme des petits pains…de plastique.

Le pseudo écrivain lecteur du Time était en tout cas en phase d’inspiration limite obsessionnelle.

Je m’emparai de la notice de vol. Aucune allusion aux risques inhérents au port de poches siliconées.

Mr Time plia son magazine sans quitter des yeux la Plastic Girl.

Il extirpa de sa veste une boite rouge barrée d’un évocateur SmokeasyStop. Les préconisations et injonctions glaciales de notre chère chef de cabine avait fait leur cheminement.

Il rata son orifice buccal une première fois. Nerveux au possible, il recommença avec succès.

En suçotant sa pastille anti tabac, il pressa le bouton « service ». Une hôtesse ou un steward n’allait pas tarder.

Au bout de 3 minutes, excédé par l’attente, il appuya de nouveau en gardant son doigt enfoncé obstinément.

Près du cockpit, sur un tableau électronique, la LED 14D clignota furieusement.

Raoul cessa sa préparation du chariot de collations pour écarter les rideaux et rejoindre notre ami poète impatient.

Après force palabres et descriptions gestuelles, le steward arbora un air de miraculeuse compréhension.

« OK »

Il s’empressa de disparaître une seconde pour revenir armé d’une bouteille de lait. Je connaissais ce produit pour y avoir travaillé dans le cadre d’une campagne publicitaire vantant les bienfaits des ferments actifs qui grouillaient dans cette boisson.

Time Man agita le breuvage et commença à retirer l’opercule. Mais celui-ci ne l’entendait pas de cette oreille et opposa une résistance féroce.

Il tira de toute ses forces en découvrant des dents jaunies et inégales.

L’opercule céda…dans une abondante giclée. Une tâche blanche et crémeuse s’étallait sur la chemise et le pantalon de notre infortuné gentleman.

« Shit, fuck… »

Il invectiva le pauvre Raoul qui s’était pointé, alerté par les injures et vulgarités métaphoriques.

La curiosité et l’amusement se lisait sur toutes les faces.

Le steward déconfit s’afféra maladroitement pour réparer les dégâts. C’est à cet instant crucial que Betty Beaumont, chef d’escadron dans l’aviation civile et j’imagine passionnée d’armes à feu et de chasse à l’ours Pyrénéens au couteau crénelé, ancra ses talons acérés juste derrière Raoul.

Elle avait la mine sombre et la posture qui promettait un déluge d’opprobres.

L’air vibra quand elle envoya son poing pour saisir le col blanc de l’homme. Elle tira sec en l’obligeant à se relever. Elle le dépassait encore de 15 bons centimètres. L’index se tendit, menaçant.

« you, you come with me. NOW !!! » Le ton péremptoire fit taire jérémiades et velléités verbales.

Une minute de silence suivit cet ordre. Toute l’assemblée avait des yeux comme des ronds de flan et de nombreuses bouches béaient d’étonnement et d’anxiété face une situation qui pouvait très bien dégénérer dans ce lieu confiné.

Les deux opposants se fusillaient du regard quand l’un craqua, soudain fasciné par ses chaussures en cuir véritable.

L’homme passa du rouge au blanc alors qu’il prenait conscience d’être au centre de ce scandale.

« all right » maugréa-t-il, résigné.

Et il précéda la pétulante et sympathique Betty jusque dans sa tanière.

Raoul ferma la marche en ramassant les derniers vestiges de cette joute aérienne.

 

Ma migraine s’était étrangement volatilisée. Comme quoi, une distraction de qualité vous libère l’esprit ! Merci Betty.

 

Virginie toucha mon coude. Elle était hilare.


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Par WILLB77 - Publié dans : WHO IS WILL? votre e-book
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